Imbolc, Ground Zero – premier bilan

Imbolc s’éloigne déjà à grands pas, tandis que les premiers signes du printemps montrent le bout de leur nez par ici. Perces-neiges, chants d’oiseaux et jours plus longs nous invitent à tenir bon jusqu’aux beaux jours… Et voilà déjà plus de 15 jours que ma dédication pour l’année a eu lieu.

Qu’est-ce qui a changé ? Première chose et non des moindres : inspirée par la lune du Sorbier, qui incite dans la tradition que j’étudie à travailler sur la notion  de Sanctuaire, j’ai entièrement refait mon autel, jusqu’à changer le meuble que j’utilisais jusque là. Pour la première fois depuis mes premiers pas de pratiquante, j’ai un autel devant lequel je peux m’asseoir en tailleur, tout en gardant l’œil sur ce qui y est disposé – sans compter que je peux “travailler” assise maintenant, sans devoir déplacer quoique ce soit, etc. C’est tout bête, mais voilà quelque chose que j’attendais depuis longtemps sans jamais avoir jusqu’ici les conditions idéales pour le mettre en place, et désormais, c’est juste … Parfait ! Toute la disposition de mon matériel sur l’autel a aussi été revue. J’ai opté pour le minimum, et rangé ce qui me semblait superflu dans des boîtes et autres coffres, pour une fois bien triés. on verra comment ça évolue… J’en reparlerai. Ce tri m’a toutefois fait énormément de bien, en m’amenant à m’interroger sur l’usage que je fais de chaque outil, de chaque objet, et à faire plus globalement le bilan de ma pratique.

La dédication à Isis s’annonce exigeante ; car en plus de ce ménage matériel, je démarre le cycle avec un gros nettoyage énergétique. Voilà aussi pourquoi mon nouvel autel tombe autant à pic … Pranayama, mantra, bhakti… ça ne sonne pas très égyptien et pourtant c’est ce qu’il m’est indiqué de faire, et avec bien plus d’assiduité qu’avant. Alors autant être à l’aise pendant la pratique…

Si j’ai toujours pris le temps de purifier l’espace, et souvent le corps avec des bains, ablutions ou au moins un lavage des mains, je suis également invitée, depuis peu, à enfiler une tenue qui soit consacrée à ces moments de pratique et de recueillement. Je n’ai pas investi dans de nouveaux vêtements, mais opté pour une tenue que je n’avais jusqu’ici que peu l’occasion de mettre. J’ai toujours été sceptique avec l’idée de tenue rituelle, et m’y voilà pourtant. Je note, pour le moment, qu’ils contribuent à installer une atmosphère studieuse et sacrée.

Enfin, on m’a soufflé de préparer une huile de consécration afin d’accompagner toute pratique spirituelle ou magique. Je pensais d’abord simplement utiliser une huile d’olive ou d’amande douce, et puis la Muse a été avec moi, et en farfouillant parmi mes huiles essentielles, j’ai concocté un mélange très simple, mais terriblement efficace : romarin, orange douce, oliban, patchouli et géranium d’Egypte. Proportions au feeling, et franchement, ça déboîte. Je l’ai utilisé pour oindre et reconsacrer mes outils après le gros décrassage d’Imbolc ; mais je l’utilise aussi désormais sur moi avant toute pratique spirituelle ou magique. Lors d’une vision, il m’a notamment été montré comment tracer différents symboles au creux de mes mains avant certains travaux. Le faire avec cette huile s’avère très efficace, et je compte pousser la chose plus loin avec certains de mes sigils personnels. Affaire à suivre.

 

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Une déesse pour l’année

Comme lors de chaque fête d’Imbolc, les membres de mon coven et moi-même avons choisi notre déesse guide pour l’année à venir. C’est, à ma connaissance, une tradition qu’on croise fréquemment dans les covens dianiques.

De prime abord, on peut se dire que changer de guide chaque année renvoie à une approche “utilitaire” des divinités, voire superficielle. Cependant, cette tradition n’empêche pas d’avoir des relations de plus longue durée avec d’autres entités, quelle que soit leur nature. Elle n’exige pas non plus une relation exclusive avec la déesse choisie. La déesse guide occupera plutôt une fonction de “fil conducteur”, à mesure que la Roue tourne.

Avec quelques années de recul, je me rends compte à quel point la déesse choisie est révélatrice de mouvements, de bourgeonnements dans l’inconscient de celui qui s’y dédie, mais qui lui sont encore imperceptibles à ce moment-là ; réveil de forces qu’elle contribuera à manifester au cours des mois à venir dans la Matérialité. Donner des exemples m’amènerait à dévoiler pas mal de choses de ma vie personnelle et je n’y tiens pas spécialement, mais croyez-moi, j’ai ri jaune plus d’une fois. Choisir une déesse guide a toujours, de mon point de vue, des répercussions, essentiellement positives, mais bien souvent … surprenantes.

Comment choisir sa déesse guide ? Au début de mon cheminement dianique, j’étais surtout mue par l’envie de découvrir des panthéons, des pratiques, des aspects précis du Divin au féminin ; j’avais tellement de choses à apprendre que choisir ma guide m’aidait à organiser mes explorations et à ne pas me perdre sur mon chemin. Par exemple, passer un an avec Aradia m’a permis de me plonger dans l’esprit originel de la Wicca ; Frigg, quant à elle, m’a amenée à approfondir une sorcellerie ancrée dans le foyer, ainsi que mes racines germaniques, comme j’en exprimais le souhait ; mais elle m’a aussi initiée de manière étonnante à la prophétie, ce à quoi je m’attendais beaucoup moins.

Au fil du temps et des surprises, j’ai appris à lâcher prise et à laisser plus de place à l’intuition, comprenant qu’il était tout aussi intéressant de laisser venir à moi ce qui devait se manifester, et de “surfer” dessus, que de réfléchir pendant x temps. Et j’avoue que depuis, le travail a encore gagné en intérêt, les prises de conscience sont encore plus fructueuses. Cette dernière année avec Nimuë, divinité de la tradition Feri, aurait pu me laisser sur les rotules ; mais en entrant gaiement dans la danse, en me laissant pleinement chevaucher par la Divine Enfant, je ressors du voyage émerveillée par les synchronicités que j’ai pu vivre et qui m’ont fait gagner en sagesse comme en sens de l’humour. Je me sens plus forte et davantage maîtresse des rouages complexes de mon existence, même s’il me reste encore pas mal de boulot à accomplir.

Cette année, c’est Isis qui m’a envoyé des pokes dès le mois de décembre ; difficile d’ignorer sa présence solaire et royale, dans mes rêves, à travers des symboles manifestés, à la radio…  et pourtant j’ai longuement hésité tant j’avais la sensation qu’elle me glissait entre les doigts et semblait revêtir des aspects qui étaient étrangers à l’Isis que je connaissais. S’agissait-il d’une autre divinité qui venait à moi ? En réalité j’oubliais qu’Isis est la Myrionyme, celle aux mille noms, aux mille visages. J’ai donc finalement choisi de me lancer dans la Roue à ses côtés ; et je tâcherai de partager quelques bribes de mon cheminement par ici.

Une promesse

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The promise, Madeline von Foerster

Voilà quelques temps que je me tâtais à donner un nouveau souffle à mon écriture en ligne ; sans tout à fait trouver, jusqu’ici, la forme qui me convenait. Le changement de plateforme pour ma maison virtuelle aura été un premier pas, pas tout à fait satisfaisant, même si, au moins, j’ai l’impression d’avoir pu faire grâce à ça un gros tri dans mes fonds de placard éso. Toujours utile pour faire le bilan et contempler le chemin parcouru, avant d’éventuellement poursuivre, faire une pause… ou bifurquer.

Néanmoins, je sentais qu’il manquait quelque  chose, un élan qui n’était pas comblé.

Et puis, il y a deux ou trois jours, je relisais une page de mon journal datant d’il y a quelques mois, et j’y ai (re)découvert une promesse que je me suis faite, et que j’avais “bizarrement” oubliée : produire chaque semaine au moins un article écrit à la première personne du singulier. Un article où “je” serait le sujet principal.

Pas de nombrilisme en vue, simplement l’ambition de m’exprimer davantage, de mettre en lumière  certaines pensées, envies, évolutions dans ma vie. Laisser plus de place à l’intuition, à l’inspiration. Me faire davantage confiance. M’appuyer sur mes expériences et les commenter, dans l’esprit “ça vaut quelque chose et ça peut apporter à autrui”. Rayonnement comme dirait l’autre. Vaste programme, croyez-moi.

Il sera bien sûr toujours question, pour l’essentiel, de spiritualité. Maintenant que je l’ai tout bien rangé, je garde mon précieux Ololugmos pour les traductions (j’aime traduire, je ne le dirai jamais assez) ; ce Bosquet Lunaire aura sa vie propre, sans aucun doute fluctuante en terme d’intensité, mais j’émets le souhait de l’inscrire dans la durée et dans la sincérité.